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Les Depardieu réunis
Gérard et Guillaume incarnant un père et
son fils, on en rêvait. Le cinéaste genevois nous les offre
sur un plateau.
Propos recueillis par CHRISTOPHE PINOL
Meme si Gérard et Guillaume Depardieu sont parfois
déjà apparus dans le môme film (notamment dans «Tous
les matins du monde», en 1991, où Guillaume incarnait le
personnage de Gérard jeune), jamais ils n'avaient eu l'occasion
de se donner la réplique. C'est chose faite avec «Aime ton
père» pour lequel Jacob Berger, 39 ans, les a convaincus
d'interpréter un père et son fils. Au risque de rappeler
certaines de leurs frasques largement médiatisées...
Rencontre avec un réalisateur bouleversé
par cette collaboration.
Pourquoi avoir choisi de réunir
Gérard et Guillaume Depardieu?
Je ne voyais pas qui, mieux que Gérard, pouvait
jouer ce personnage, à la fois un homme de lettres . et une force
de la nature. Un homme brutal, mais avec un charisme et une animalité
débordante.
Pour incarner son fils, il fallait quelqu'un de meurtri,
de vulnérable, mais en même temps de dangereux, affûté
comme un rasoir. Guillaume tout craché.
Comment les avez-vous convaincus?
Je leur ai fait parvenir le scr-nario en même temps.
Ils se sont consultés, mais en dehors de ça, mystère
!
Auriez-vous accepté de tourner avec
l'un des deux seulement?
Je crois que c'est eux qui auraient refusé de
faire un film si proche de ce qu'ils ont vécu en ne s'impliquant
qu'à moitié. J'ai lesentiment qu'ils avaient depuis longtemps
l'envie, et surtout le besoin, de jouer l'un avec l'autre.
Il est difficile de ne pas évoquer les similitudes
entre «Aime ton père» et la vie des deux acteurs. On
y parle de relations houleuses entre un père et son fils, d'accident
de moto, de drogue...
Certains hommes, comme le personnage joué par
Gérard, ou Gérard lui-même, sont des êtres monumentaux,
généreux, des forces de la nature, mais également
si dévoués à leur travail que celui-ci prend le pas
sur le reste de leur vie privée. Très souvent ce sont des
hommes à femmes, qui aiment les motos pour leur puissance et la
liberté qu'elles leur procurent. Et très souvent leurs enfants
ont un tel mal à exister face à eux qu'ils ont recours à
la drogue. Pour moi, ces similitudes ne font que renforcer la pertinence
d'un scénario, je le précise, inventé de toutes pièces.
Quels rapports les Depardieu entretenaient-ils
durant le tournage?
Pour la première fois, un film leur permettait
d'être ensemble sur un plateau. De blaguer, de rire, d'échanger
des idées et même de se donner des conseils... Dans un sens,
c'est un cadeau qu'ils se faisaient l'un à l'autre.
L'un des deux vous a-t-il plus particulièrement
surpris?
Avec Guillaume, j'ai découvert quelqu'un de bouleversant.
C'est un homme meurtri, un écorché vif comme on dit. Ses
problèmes de discipline cachent une envie d'être rassuré,
un besoin d'amour déchirant. Sur le plateau, j'avais constamment
envie de le prendre dans mes bras.
Gérard dit que votre film l'a aidé à
franchir un pas dans sa relation avec son fils.
Je n'ai pas voulu mettre mon nez dans leur vie privée,
mais je pense que Gérard voulait dire que le film les a aidés
à s'accepter en tant qu'acteurs, mais aussi en tant que père
et fils.
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